
Déborah Braun, Script doctor & consultante en scénario
Un regard forgé par le montage
"Il était une fois… et un monde naît. Les histoires m’ont toujours fascinées, inventées et pourtant si vraies..."
Franco-britannique, ayant grandi à Cannes, je suis très vite bercée par le cinéma. Jeune, je fais déjà partie de plusieurs jurys de festivals de films. Voir cinq films par jour et c'est le bonheur ! Les films, mais aussi les livres, de tous genres. Classiques, contemporains, nouvelles, thrillers, science-fiction et même plus tard théâtre. Je ne me suis jamais lassée d'arpenter leurs mondes et de côtoyer leurs personnages. Ils sont où j'habite.
Lors d’un stage au Festival de Namur, je découvre la pratique du montage, la "troisième écriture" du film. Une révélation. Après mes études en Cinéma, et Arts, Communication et Sciences du Langage, ainsi que des cours de direction d’acteurs avec Jack Garfein (Actor’s Studio), je deviens chef monteuse, formée par Yves Deschamps, qui me transmet son savoir. Pendant plus de 15 ans, j'accompagne les réalisateurs et leurs producteurs, souvent les mêmes, dans l’élaboration de leurs œuvres avec une seule question en tête : qu'est-ce qu’on raconte? Parce que le film est dans la réponse.
En 2017, je débute une collaboration avec Noëlle Mesny-Deschamps, fondatrice de la première société de développement de scénarios en Europe (I.D. International Development) et des ateliers d'écriture éQuinoxe inspirés des Screenwriters Lab de Sundance, et je découvre le développement de scénario, qui me passionne immédiatement.
Naturellement, je passe de la troisième écriture du film à la première, celle sur laquelle tout se construit. Je deviens script doctor - consultante en scénario.
C'est de là qu'est née 90pages script consulting.
J’ai travaillé avec Wim Wenders, Jean-Loup Hubert, Pierre Jolivet, Alain Layrac, Jean Odoutan, Frédéric Jolfre, Emmanuel Robert-Espalieu, Sophie Fino-Berger, Etienne Chatilliez, Raphaëlle Catteau, Philippe Azoulay, Jérome Raynaud, Pierre-Henry Salfati, Gilles Paquet-Brenner, Samuel Luret, Nathan Nicolovovitch, Ivan Goldschmidt, Fabien Chalon, etc...
J'ai travaillé pour AZ You Like, ZED, Little Bear, Storia Télévision, Terence Films, Bande à Part, Telsete, Dum Dum Films, Nelka Films, Point du Jour, Idéale Audience, 45RDLC, LDM, IN Production, Morgane, Vincent et 7 Amis, Hugo Films, Terre Neuve, Zeta Productions, Seconde Vague, etc…
"J'entre dans chaque scénario comme on entre dans un lieu inconnu. Je l’explore physiquement aussi. Volumes et sons, matières et sensations, émotions. Intuitions, réflexions, analyses, échanges, brainstorming, évidences, histoires…"
Ce que le montage m’a appris des scénarios
On dit que le montage est la troisième écriture du film, et c’est tout à fait juste. Parce que si on commence toujours par lire le scénario avant de dérusher - pour savoir ce que l'on raconte, et donc ce que l'on cherche dans les rushes - on travaille avec la matière brute du tournage, qui n'est jamais tout à fait la même que la matière du scénario. Il peut y avoir des mauvaises surprises mais aussi de belles découvertes, des moments inattendus et magiques. La mise en scène, le jeu, les décors, les costumes... En bref le tournage est véritablement la deuxième écriture d'un film. C'est donc à partir de cette deuxième écriture, sur la base de la première, que se construit la troisième. C'est là que le récit se révèle - dans sa durée, sa tension, ses silences, ses ruptures. On déplace des scènes, on coupe des répliques, on ajoute un regard...
On apprend à lire un scénario autrement quand on a passé des années à comprendre ce qu'il devient une fois tourné, comment il se métamorphose. On sait ce qui résiste, ce qui s'effondre, ce qui est trop flou, ce qui était porteur et n'était pas sur la page. On comprend qu'un scénario est vivant, et va être réécrit au tournage puis au montage. Pour qu'il grandisse à travers ses métamorphoses, plutôt que de s'effondrer sous le poids de ses approximations.
Cette expérience de montage est le fondement de ma pratique du script doctoring. Je n'arrive pas au scénario par la théorie narrative ou le développement institutionnel, j'y arrive par la fabrication du film elle-même. Un scénario est une matière vivante qui traverse la fabrication d'un film, en étant son point de référence.
Ce que le montage m’a appris des scénarios
On dit que le montage est la troisième écriture du film, et c’est tout à fait juste. Parce que si on commence toujours par lire le scénario avant de dérusher - pour savoir ce que l'on raconte, et donc ce que l'on cherche dans les rushes - on travaille avec la matière brute du tournage, qui n'est jamais tout à fait la même que la matière du scénario. Il peut y avoir des mauvaises surprises mais aussi de belles découvertes, des moments inattendus et magiques. La mise en scène, le jeu, les décors, les costumes... En bref le tournage est véritablement la deuxième écriture d'un film. C'est donc à partir de cette deuxième écriture, sur la base de la première, que se construit la troisième. C'est là que le récit se révèle - dans sa durée, sa tension, ses silences, ses ruptures. On déplace des scènes, on coupe des répliques, on ajoute un regard...
On apprend à lire un scénario autrement quand on a passé des années à comprendre ce qu'il devient une fois tourné, comment il se métamorphose. On sait ce qui résiste, ce qui s'effondre, ce qui est trop flou, ce qui était porteur et n'était pas sur la page. On comprend qu'un scénario est vivant, et va être réécrit au tournage puis au montage. Pour qu'il grandisse à travers ses métamorphoses, plutôt que de s'effondrer sous le poids de ses approximations.
Cette expérience de montage est le fondement de ma pratique du script doctoring. Je n'arrive pas au scénario par la théorie narrative ou le développement institutionnel, j'y arrive par la fabrication du film elle-même. Un scénario est une matière vivante qui traverse la fabrication d'un film, en étant son point de référence.
