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Ce que j’ai appris en travaillant avec Wim Wenders

  • Déborah Braun
  • 26 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 janv.

Il y a "quelques" années, lorsque j’étais encore chef monteuse, j’ai eu le bonheur de travailler avec Wim Wenders sur un film court avec Ronaldo et Zidane pour le Programme des Nations Unies pour le Développement

Ronaldo et Zidane allaient, chacun de son côté, à la rencontre de personnes ordinaires pour les remercier au nom du PNUD. Ils ne se croisaient que brièvement, à la fin, l’un sur un escalator montant, l’autre descendant.

 

Pendant ce montage deux choses que je savais confusément se sont confirmées.


les personnes profondément talentueuses sont ouvertes, curieuses, disponibles, généreuses, concentrées

La première est que les personnes profondément talentueuses sont ouvertes, curieuses, disponibles, généreuses, concentrées. Elles ne sont jamais agressives parce qu’elles savent que leur talent ne peut pas leur être retiré. Elles ne sentent pas en compétition parce qu’elles savent qu’elles ne sont pas menacées, et ne sont jamais des grandes gueules.

C’est toujours un grand plaisir de travailler avec ces personnes là, qu’elles soient connues ou non. Wim Wenders fait partie de cette catégorie, sans aucun doute.

 

La deuxième chose est que lorsqu’on travaille pour une agence de publicité et/ou communication, on a beau s’appeler Wim Wenders, le final cut n’est pas garanti.

 

Lors du montage, nous savions que la magie se situait dans les sourires de surprise, d’émerveillement et de joie des personnes remerciées, d’autant plus qu’ils étaient réellement authentiques. Il faut dire que le tournage avait été un peu sauvage.

En terme de rythme et de choix de montage nous nous sommes donc plus attardés sur ces visages que sur ceux de Ronaldo et Zidane. C’est ainsi que nous arrivions à suspendre le temps, et à faire naitre cette surprise et cet émerveillement chez le spectateur aussi.

Et quand Ronaldo et Zidane se croisaient à la fin, chacun allant en sens opposé, ils avait la même surprise en se reconnaissant, voulait se dire bonjour, sûrement se parler, mais trop tard… Et c’était ce point de suspension, et de frustration, qui nous faisait être avec eux. C’était notre histoire, et c’était ce que nous racontions.

 

Pourtant, j'ai découvert en voyant le film diffusé, que l’agence l’avait remonté sans demander ni prévenir, comme cela se fait presque systématiquement. (Voir mon premier point pour un « ceci expliquant sans doute cela »?).

Zidane et Ronaldo étaient des stars, l'agence pensait donc qu’ils étaient les stars du film (alors que justement le film renversait ce point de vue là). Ils ont donc rallongés les plans de Ronaldo et Zidane, rajoutés des gros plans de leurs visages et étiré le temps sur l’escalator pour les voir plus longtemps, au détriment du rythme et de l'histoire puisque la durée devait rester identique. Ils avaient plus de Ronaldo et Zidane. Et moins de magie. Donc moins d’impact. Cela m'avait choqué, et frustré.

Et c’est d’autant plus dommage qu’ils ne vendaient rien, ils n’avaient pas besoin d’être dans la « réclame ».


Bref.

Vive le cinéma! ✨ 


Ce que j’ai appris en travaillant avec Wim Wenders
Ce que j’ai appris en travaillant avec Wim Wenders

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