« Le talent n’existe pas ». Vraiment ?
- Déborah Braun
- 22 sept. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 oct. 2025
Jacques a dit : « Le talent n’existe pas ».
Désolée Monsieur Brel, je ne suis pas d’accord.
Je vois tous les jours la différence flagrante entre ceux qui travaillent leur écriture - de scénario, théâtre et/ou roman - et qui ont du talent, et ceux qui travaillent et n’en ont pas.
Le travail seul ne crée pas le talent.
À l’inverse, le talent sans apprentissage, travail, curiosité et ouverture d’esprit n’est qu’une promesse non tenue, une possibilité inexploitée.
Alors pourquoi est-ce que je lis de plus en plus que le talent est un mythe?
Ce discours est pratique. Il sert de carburant à l’industrie de la formation, qui prospère sur l’idée qu’avec la bonne méthode, tout est possible. Cela rassure, en plus de culpabiliser : si vous ne réussissez pas, c’est que vous n’avez pas assez travaillé.
Mais, au-delà de ce discours marketing, il y a une confusion plus profonde.
C’est l’idée sous-jacente qui assimile talent à création, qui fait croire que la reconnaissance et/ou l’épanouissement passent par la créativité artistique. Or il y a mille talents : organiser, écouter, analyser, diriger, structurer, conseiller, enseigner, connecter les gens, résoudre un problème technique…
Ce qu’il faut, c’est trouver son talent, à soi. Puis l’apprivoiser, le travailler, l'expérimenter, l’augmenter. C’est cela qui permet de trouver « sa place ».
Le talent n’est pas forcément là où on le fantasme. Il est là où l’on ressent le flow. Il faut savoir s’écouter sans céder aux sirènes d’un ego (bad) trip. (Il m’est arrivé de croiser des artistes sans talent). Il n’est pas toujours facile de reconnaître son talent. Cela demande de la lucidité.
De plus, l’environnement ne permet pas toujours de le découvrir ou de l’assumer. Ce n’est pas simple de faire grandir un talent dans un environnement inadapté. C’est même parfois impossible, et ce n’est pas la faute de la personne talentueuse.
Et puis certaines personnes sont talentueuses mais confondent le travail, et sa difficulté, avec le fait qu’elles n’ont pas de talent. Le premier jet devrait être le dernier comme preuve du talent (spoiler : c’est faux).
Alors elles abandonnent ou repoussent sans cesse le travail, et peuvent ainsi rester dans un fantasme confortable, sans se confronter à la réalité.
Parce qu'en plus, on peut être talentueux sans être génial. Entre talentueux et sans talent, il y a tout un spectre. Entre le noir et le blanc il y a toute une gamme de gris.
Et j’ai vu d’excellents scénarios ne pas trouver de producteurs et des scénarios moins que moyens se transformer en film.
Bref, la vie n’est pas simple, ni juste.
As usual.
Mais elle devient plus beaucoup simple quand on accepte son talent, quel qu'il soit.



