Écrire un scénario c’est à la fois créer un monde et le cartographier
- Déborah Braun
- 31 janv. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 nov. 2025
Créer un monde, c'est rendre vrai ce qui n'est pas réel. Créer la carte de ce monde, c'est indiquer la position de chacun des éléments principaux le composant les uns par rapport aux autres; La carte est nécessaire pour que les membres de l’équipe du film puissent travailler dans la même direction.
Si le monde et/ou sa carte ne sont pas absolument clairs, le risque est grand que plus le film arrive vers la fin de sa fabrication, plus son épine dorsale s’affaisse.
Pour les construire correctement, on peut s’appuyer sur ce que j’appelle les quatre points cardinaux du scénario :
> le point de vue : l’angle, soit ce qui répond à la question primordiale « qu’est ce qu’on raconte ? »
> la justesse des personnages : ils doivent être crédibles et complexes ; et leurs émotions palpables. C'est à travers leurs désirs, joies, peines, doutes, contradictions et espoirs que le public vivra avec eux l'histoire
> la cohérence : Que ce soit dans un univers qui ressemble trait pour trait au nôtre ou dans un monde entièrement imaginé, tout doit se tenir. Les règles de ce monde doivent être claires et constantes (même si elles sont absurdes comme dans Brazil) permettant au spectateur d’y croire
> les détails : parce qu’ils disent ce qui est signifiant ou pas, et qu’ils font naître le sous texte, lequel donne son vrai sens à l’image.
Ces quatre point cardinaux se combinent pour générer l’intention (de l’histoire, pas du scénariste), l’élan organique. C’est cette intention qui guide chaque décision ou proposition artistique (décor, jeu, mise en scène, montage…).
Plus le monde et sa carte sont clairs, plus l’intention est évidente ; et plus le film aura une chance d'être plus que la somme de ses parties.



