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"Kill Your Darlings" : Couper ce qu’on aime (quand il le faut) 

  • 16 avr. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 juin








Quand on réécrit, il y a toujours ce moment où une scène, une réplique, une idée nous semble être exactement celle que l'on cherchait, elle est réussie, émouvante, tendue. Et, le plus souvent, elle l’est vraiment. Mais ce n’est pas la question, car la bonne question à se poser, c’est : est-ce que ça appartient à l’histoire ? Parce ce que si la réponse est "non", alors il faut la couper.


C'est ce que signifie réellement la fameuse expression - pas toujours bien comprise - de Stephen King « Kill your darlings" (in: On Writing).

On n’écrit pas pour empiler les belles scènes, on écrit pour raconter une histoire. Et tout ce qui n’en fait pas partie, aussi réussi soit-il, finit par l’alourdir, par brouiller ce qu’on essaie vraiment de dire. Il faut donc savoir s'en séparer, aussi douloureux que ce soit.


 

Ce qui ne veut pas non plus dire qu’il faut réécrire froidement, sans passion. Mais il faut, autant que possible, éviter de tomber amoureux de ce qu’on fait, de ce qu'on écrit. Rester un peu à distance, tenter de côtoyer le spectateur ou le lecteur, et regarder son travail avec assez de lucidité pour savoir repérer et pouvoir couper ce qui ne sert pas l’ensemble. Même si c'est une des scènes les plus réussies du film. Même si on attend la dernière réécriture pour le faire. Même si ça fait mal. (Ça fait toujours un peu mal.) On peut mettre le passage de côté en espérant que l'histoire à laquelle il appartient viendra un jour toquer à notre porte.



Parce qu'on ne réécrit pas pour soi, mais pour raconter une histoire à un spectateur ou lecteur.



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Déborah Braun / 90pages

Script doctor & consultante en scénario




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